Amour, sexe et malentendu

 

Amour, sexe et malentendu                         

 

Il existe une grande différence de vision et de sensibilité, entre les hommes et les femmes et ainsi pas mal de malentendus et même de psychodrames au sein des couples, comme le montre par exemple « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus », de John Gray.

Mais là où le malentendu est à son comble, c’est en matière d’amour et de sensualité. Pas étonnant dès lors que les écrivains, dramaturges, cinéastes ou chanteurs en fassent leur principal fonds de commerce. Pas étonnant aussi que près d’un ménage sur deux vole en éclat après quelques années, dans les pays occidentaux. Pas étonnant non plus que nombre de femmes se considèrent insultées, avilies, disqualifiées par les avances de nombre d’hommes, alors que ceux-ci n’imaginent souvent pas un instant que leurs menées relèvent de ce que l’on appelle aujourd’hui harcèlement sexuel.

Une amie me faisait grief, à la lecture de ces lignes, de n’aborder le sujet de la relation amoureuse qu’en la centrant sur le plan sexuel et d’un point de vue masculin. Je plaide coupable, mais il faut parler de ce qu’on connait et je n’ai ni le recul ni la légitimité scientifique pour me placer sur le mode objectif. Pour autant, mes études et formations diverses (psycho, sexo et autres) confortent mon expérience de la relation humaine et mettent en évidence, non seulement une méconnaissance, de la part de chaque sexe, des croyances, des valeurs, des projections, des attentes, des besoins émotionnels de l’autre, mais surtout la croyance que l’être recherché fonctionne probablement comme nous. Serait-il exagéré de dire que la relation femme-homme s’apparente à une relation gibier-chasseur ? Et, dans ce cas ne pourrait-on dire qu’avant de proclamer que la chasse est un noble art et une belle activité de plein air, il conviendrait de savoir si c’est aussi l’avis des gibiers chassés ?

A cet égard, on peut parfois observer une différence entre les couples hétérosexuel et homosexuels. Pour les seconds, l’être recherché peut effectivement souvent fonctionner comme soi-même, partager les mêmes peurs et les mêmes blocages, valeurs et croyances. Les malentendus sont ainsi parfois moindres. 

Mais il est une constante c’est que, ce que nous ignorons, nous ne savons pas que nous l’ignorons et nous ne mesurons ainsi aucunement l’étendue de notre ignorance, à l’égard des croyances, des valeurs, des projections, des attentes, des besoins émotionnels de l’autre… ni combien il ignore les nôtres.

En outre, la question du sexe reste un tel tabou dans ce XXIème siècle, que même si le malentendu amoureux se nourrit de nombreuses autres différences ou divergences au sein du couple (intelligence émotionnelle, niveau intellectuel, religion, éducation etc.) l’harmonie sexuelle en est impactée… sans pour autant que ce soit toujours conscientisé et qu’il soit admis de le verbaliser.

 

Que recherchent les femmes et les hommes, en amour ?

Sauf exceptions (moins rares il est vrai à notre époque d’émancipation de la femme), les femmes s’adonnent peu au sexe, en dehors de l’amour (avec un grand A) et d’une perspective de développement d’un lien durable. Alors que les hommes cèdent fréquemment à des pulsions sans lendemain, pulsions parfois d’autant plus fulgurantes qu’elles sont sans amour, sans contrainte, sans engagement, sans jugement… On touche ici à un caractère ontologique de l’homme, celui de son inconséquence.

L’inconséquence essentielle de l’homme, c’est de semer des gamètes dans un maximum de vagins, sans se préoccuper de leur avenir et, plus largement, de séduire un maximum de femmes, sans assumer le vide que crée ensuite son absence.

Ceci n’empêche heureusement pas les grandes passions fulgurantes d’amour réciproque, ni surtout les étalons raisonnables (ou fatigués) d’entrer de manière plus ou moins durable ou exclusive dans une relation d’amour sincère, avec une femme unique, pour créer une famille. Et lorsqu’ils s’attachent (apprivoisés à la longue), le lien est parfois si fort, dans le cœur des hommes, qu’ils n’envisagent souvent pas de le rompre, alors même que ce lien les fait souffrir. Alors que les femmes, en pareille posture, sont parfois capables de switcher et de coller leur amour sur un autre homme, en quelques jours.

 

Infidélité

L’infidélité est ainsi d’une nature est d’un enjeu bien différents, s’agissant des femmes et des hommes.

Pour les femmes, tromper est un acte grave qui suppose un début d’amour pour un autre homme, sur lequel elles sont capables de plaquer (en un temps record) une admiration aveugle, une confiance parfois infondée et des projections nombreuses ; ce qui constitue souvent la mort annoncée de la relation en cours avec l’homme usé qu’elles n’admirent plus et/ou qui les a déçues.

Pour les hommes tromper ne veut souvent rien dire. C’est un acte parfois ressenti de manière aussi anodine qu’un fantasme ou un rêve érotique. Les hommes ne comprennent pas les tourments et les drames que ces incartades occasionnent lorsqu’elles sont avouées ou découvertes. Car pour eux faire l’amour avec une autre femme n’engage que l’instant présent et souvent aucun sentiment ni projection. Et même si certains flirts les émoustillent un peu, ils n’ont aucun besoin de se convaincre qu’ils n’aiment plus leur femme pour en désirer une autre. Les hommes ne tombent généralement pas amoureux rapidement. Ils se laissent le plus souvent apprivoiser sur le long terme. De même manière, ils ont beaucoup de mal à reprendre leur amour, acter la rupture d’un lien amoureux et surtout à comprendre et admettre qu’on ne les aime plus.

 

Tensions, équilibres instables et précaires.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que dans la nature, tout n’est qu’équilibres instables et précaires, entre différentes forces et différentes tensions, entre l’eau et le feu, le chaos et l’ordre, le Yin et le Yang…

L’attraction terrestre et lunaire se combinent à la chaleur du soleil pour produire les vents et les marées, nécessaires à l’apparition de la vie. Dès lors, toutes les espèces apparues sont dans une situation également instable, entre deux néants. Et seuls les espèces et les individus les plus armés et les plus forts survivent… et pour un temps limité.

L’homme n’échappe pas à cette sélection impitoyable car le développement de l’espèce exige un instinct de compétition acharnée entre les individus mâles, dans l’œuvre de séduction des femmes. La sélection naturelle exige aussi que les mâles ensemencent le plus grand nombre de femelles possibles, parmi les plus aptes à procréer.

Les femmes, quant à elles, sont instinctivement orientées vers la sélection des meilleurs partenaires, plutôt que vers leur nombre. Elles sont instinctivement portées à la fidélité, ou tout au moins à souhaiter la fidélité de leur partenaire masculin, dans la mesure où un mâle dominant protégera mieux la tribu et leur descendance commune. Cf. http://medi-therapie.com/mediation-conjugale/.

 

Trouver l’âme sœur, la conquérir et la garder.

Dans ce manège de la vie, comment trouver l’âme sœur ? Comment la conquérir ? Comment, dès lors, s’accorder sur la feuille de route du ménage, si tout nous divise et si nous sommes aussi peu sur la même longueur d’onde ? Et surtout si nous n’avons jamais été véritablement curieux ou informés des pensées, des désirs intimes et des besoins émotionnels de l’autre ?

Le processus de conquête sexuel est identique ou similaire dans les espèces animales. Mais depuis toujours les religions et les lois des hommes s’attachent plus ou moins à le nier et à en diminuer les effets. En outre, depuis une cinquantaine d’années, la théorie du genre et la montée du féminisme tentent d’imposer l’égalitarisme sexuel entre femme et hommes. On peut ainsi considérer heureux que ces courants aient prospéré et ainsi imposé une véritable égalité en droit, dans les sociétés les plus avancées (même si cette égalité en droit reste encore trop théorique). La brutalité masculine est ainsi adoucie. Mais l’ignorance de chacun des sexes, à l’égard de l’autre, reste incommensurable et un frein majeur à la stabilité des ménages. Et cette ignorance que nous tolérons ou entretenons, à l’égard de l’autre sexe (de sa nature profonde, de son mode de pensée, de ses besoins émotionnels…) est la plus grande violence que nous pouvons lui faire. Comment prétendre aimer, si nous ne faisons pas tout pour comprendre l’autre et pour tenter de nous ouvrir à lui ? Et comment libérer les forces de tolérance, de bienveillance et de confiance, nécessaires à l’épanouissement d’une belle relation ?

Je déplore d’ailleurs que l’éducation sexuelle, dispensée dans les lycées, ait pour principal objectif d’initier les élèves à l’application technique d’un préservatif, plutôt que de s’attacher à éclairer chaque sexe sur la psychologie, les croyances, les valeurs, les projections, les attentes, les besoins émotionnels de l’autre sexe, en sorte de tenter de désamorcer les malentendus qui immanquablement pourriront la vie des hommes et des femmes de demain (comme ils ont empoisonné la nôtre et celle de nos parents). Il est en effet naïf et dangereux de vouloir ignorer ce que sont les véritables pulsions intimes et viscérales, de l’homme et de la femme préhistoriques qui sommeillent en nous (et ne dorment d’ailleurs que d’un œil).

 

L’acte sexuel, rendez-vous de l’homme avec son destin.

L’acte sexuel est ainsi – avant tout – le rendez-vous de l’homme et de la femme avec leur destin de procréateurs.

Pour l’homme, l’acte sexuel est une fin en soi, l’aboutissement d’une traque, d’une chasse (ou d’une entreprise de séduction plus longue) et l’homme n’a pas toujours besoin d’aimer pour désirer. C’est d’ailleurs parfois même un acte de domination brutale. L’amour, la tendresse, la « mariation» ne se développant ensuite (ou pas), dans le cœur de l’homme, qu’après un apprivoisement féminin de longue haleine. Et comme évoqué plus haut, l’inconséquence masculine le conduit souvent à ne pas se sentir responsable de la semence qu’il a « offerte » à sa partenaire.

Pour la femme, l’acte sexuel est tout le contraire. Ce n’est pas une fin en soi, mais un point de départ pour une aventure impliquante qui suppose qu’elle admire les qualités de l’homme à qui elle se donnera et quelle souhaite retrouver dans l’enfant à naître, même si cette quête des meilleures qualités de cœur, d’esprit et de gamètes n’est souvent qu’inconsciente chez les jeunes filles.

Hors des comportements marginaux, les femmes ont d’instinct besoin de ressentir de l’amour ou tout au moins une grande attirance, pour se donner sexuellement à un homme… et de le savoir libre, en sorte de pouvoir espérer faire un bout de chemin avec lui et, si possible, leur vie. De manière inconsciente, l’instinct féminin de perpétuation de l’espèce, prédispose la femme à s’assurer, à la fois, les meilleurs gamètes et le meilleur soutien dans la durée… même si le grand chambardement du féminisme génère aujourd’hui souvent des différences de comportements moins tranchées, entre les deux sexes.

Ce formatage inconscient, cet instinct et ce comportement valent pour les femmes nubiles, mais tout autant pour les très jeunes filles qui n’en sont pas encore à l’âge des premières relations mais rêvent déjà au prince charmant, comme pour les femmes âgées dont les rêves et parfois les actes s’articulent encore autour de ce schéma. Même si aujourd’hui le désir d’égalité sexuelle ou de transgression des tabous (cf Zone de confort, transgression et liberté) poussen parfois aujourd’hui bon nombre de jeunes femmes (et de moins jeunes, les cougars) à adopter des stratégies de conquêtes quasi masculines, allant parfois jusqu’au libertinage ou au culte d’un érotisme littéraire (cf. par exemple Petit traité d’éducation lubrique, de Lydie Salvayre, Édité par POINTS en 2016), voire d’une lubricité plus torride, qui se révèlent ainsi ne pas être seulement le fantasme des hommes.

 

Education sentimentale / Education sexuelle

Comment s’élever au-dessus de nos différences, rapprocher les contraires et bâtir une relation honnête ? On ne bâtit rien de bon sur les malentendus et permettre à chaque sexe de comprendre les mécanismes de son attirance pour l’autre et de sa sexualité, puis de ceux de l’autre, parait le préalable indispensable à la levée du malentendu.

Chaque homme ou femme doit comprendre que ce qu’il croit utile à son bonheur ou dicté par ses goûts, sa volonté ou ses sentiments, n’est en fait que l’expression de la nécessité vitale et/ou expansionniste de notre espèce qui a développé des mécanismes d’alerte et de récompense, pour tous les actes vitaux. La faim, puis le sentiment de satiété représentent de tels mécanismes au niveau de notre horloge biologique quotidienne. Le désir sexuel, la jouissance, puis la gestation à une autre échelle.

C’est ainsi avec clairvoyance et exigence qu’il faut apprendre à se voir, se connaître et s’accepter. C’est avec la même exigence qu’il faut apprendre à voir l’autre et à le connaître. Mais il faut surtout des trésors d’intelligence, d’amour et de bienveillance pour accepter l’autre, avec ses désirs et ses projections qui ne correspondent en rien aux nôtres et pour accepter son formatage au premier abord incompréhensible.

Beaucoup de couples font le choix de ne pas comprendre, ni tenter de s’expliquer. Et n’asseyent leur équilibre que sur l’acceptation tacite de rôles et de rituels figés (sociaux et/ou religieux), alternant souvent d’ailleurs avec des disputes plus ou moins fréquentes et plus ou moins violentes qui ne sont que l’expression épisodique d’une  parfaite incompréhension, d’une sourde frustration et/ou d’une souffrance intime(s).

Certains couples enfin souhaitent pouvoir aimer l’autre pour ce qu’il est vraiment et de manière inconditionnelle. Et surtout chacun souhaite être aimé pour ce qu’il est véritablement et de manière inconditionnelle (comme une mère aime son petit) ; mais c’est chose plus aisée à dire qu’à faire, tant les enjeux et les fragilités sont énormes en matière d’amour.

Les choses se compliquent encore, quand au-delà de nos différences biologiques essentielles et fondamentales, nous devons composer avec des caractères différents, des profils psychologiques différents (cf. http://medi-therapie.com/process-com/), des systèmes éducatifs différents et/ou des croyances et des cultures différents.

Mais le malentendu et la confusion sont à leur comble lorsque nous imaginons triompher de nos querelles amoureuses par le raisonnement, l’argumentation, le débat (hémisphère cérébral gauche), alors que ce sont nos émotions seules (hémisphère cérébral droit) qui nous agissent en dernier ressort et surtout mènent la danse, dans nos scènes de ménages. Ce qui rend par exemple impossible, au mari adultère, d’expliquer (même patiemment) que l’infidélité masculine n’est parfois qu’un simple acte de survie et de résilience, s’il est en panique de perte d’estime de soi dans le regard de l’être aimé, et non pas un crime « contre-nature », mais au contraire un crime qui n’est malheureusement que trop naturel et animal ou lorsque en outre les phéromones féminines inhibent ses défenses « morales » court-circuitent sa volonté / cf. https://mythesmensongesetmalentendus.wordpress.com/fidelite-conjugale/.

 

Sexualité positive

Le Dr. Iv Psalti, Docteur en Sciences Biomédicales et sexologue clinicien (enseignant à l’Université Libre de Bruxelles) est un ardent prosélyte du concept de sexualité positive / cf. http://www.sexualitepositive.com/. Pour Iv Psalti les relations hommes femmes se compliquent encore un peu davantage, du fait que la population serait constituée d’une proportion significative de sexophobes. Les sexophobes sont des personnes qui pour des raisons biologiques, historiques ou conjoncturelles sont dénuées de tout intérêt d’ordre sexuel, voire hostiles au sexe et prêtes à toutes les manipulations et stratégies pour ne pas dévoiler leur désintérêt (voire leur haine) quant au sexe, tout en feignant d’accepter une vie sociale et surtout sentimentale d’apparence normale… au risque de rendre fous ceux qui la partagent.

Je ne peux que recommander aux personnes normales (non-sexophobes, mais sexophiles) la lecture de l’essai « Migraine ou gros câlin ? Quête ou reconquête de la sexualité dans les couples qui durent » (aux éditions Anne Carrière, Paris, 2007 et Livre de Poche, 2008) du Dr. Psalti, pour tenter d’identifier les sexophobes qui les entourent, décrypter leurs mensonges et se soustraire aux menées d’un conjoint sexophobe. Et ainsi éviter d’être blessées, laminées ou broyées, voire seulement écœurées, désespérées ou dévitalisées par le manque de caresses et d’amour. Mais là où les choses se compliquent, c’est que chacune des deux populations (sexophobes et sexophiles) croit représenter la norme et imagine que les individus de l’autre camp sont une minorité de pathologiques déviants, nés pour pourrir la vie des gens normaux.

Cet essai montre aussi aux couples harmonieux que le sexe est bon pour la santé et que sa pratique ne doit pas diminuer avec l’âge (sous peine de lésions parfois irréversibles), comment mieux comprendre l’autre et se comprendre soi-même et ainsi mieux s’aimer, pour l’épanouissement des deux parties.

 

Art et érotisme

Quoiqu’il en soit, de manière consciente ou non, la relation entre les hommes et les femmes en âge de procréer (mais pas seulement) est formatée, influencée ou éclairée par l’opposition et la complémentarité des sexes et teintée ou empreinte d’un érotisme inavoué et omniprésent. Les religions, les tabous sociaux s’emploient à en masquer les manifestations les plus gênantes, mais Freud l’a bien montré, le sexe est partout et il n’est pas beaucoup d’actions humaines asexuées. Outre les interdits et tabous sociaux et religieux, les hommes et femmes nourrissent également des aspirations des désirs et fantasmes souvent contradictoires ou en décalage et donc des frustrations, des souffrances et des deuils à la mesure de leurs besoins émotionnels déçus. Les écrivains, les artistes le ressentent et l’expriment mieux que quiconque. Ils savent ainsi jouer sur les émotions humaines. Parmi celles-ci, l’érotisme tient bien sûr une place de choix. Les œuvres érotiques (photos, peintures, performances etc.) ont ainsi toutes chances de permettre aux artistes comme au public de soulever, pour quelques instants, le couvercle des secrets, des pulsions, des attentes émotionnelles de l’autre sexe et peut-être de jeter un autre regard sur ses propres frustrations ou interdits et ouvrir un débat (intérieur ou partagé) sur l’amour et le sexe. Le libertinage que montre souvent la littérature ou le cinéma comme une chose courante est également un champ, dans lequel les couples les plus solides peuvent s’aventurer pour tester leurs limites et le stabilité et ainsi mieux faire connaissance et ainsi mieux appréhender le sens, le cadre, les enjeux et les difficultés de la vie à deux.

Enfin, la plupart des livres et films érotiques se développent à partir de fantasmes masculins (domination, SM, amour à 3 ou plus etc.). Mais à notre époque où, face à la montée du féminisme et de l’égalitarisme, l’homme perd ses repères et se féminise, la femme quant à elle accède intellectuellement (ou de manière littéraire) ou plus viscéralement à un érotisme ou un libertinage assumé et parfois dominateur et militant (cf. Pusssy riot, Femen). Cette tendance encore timide est-elle le signe que  certaines femmes  aimeraient s’affranchissent de l’amour sentimental et souhaiteraient tourner cette page ou au contraire qu’elles cherchent à le conjurer, le dépasser, pour en atténuer les morsures. Pour ma part, je pencherais vers une combinaison des deux motivations, que ces nouveaux jeux libidineux empruntent à la fantasmagorie de la soumission.

 

Philippe Lamy

Médiateur diplômé, de l’Institut de Psychologie de l’Université Lyon II

FTSP Thérapie Sexuelle Positive (Dr. Iv Psalti)  / Accréditation Ordre des Psychologues du Québec (R401425-15 et RA01424-15) et SPF Santé Publique Belgique (SR-NR : 2-42932116)